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Après une revue des travaux de Freud sur le traumatisme (1916-1917, 1920, 1926, 1933, 1939), cet article développe l'idée qu'une scène traumatique peut être investie comme un écran défensif par les victimes d'agression sexuelle qui, comme Madame D., s'écroulent quelques jours après une agression. Suite à une première tentative de déni, le Moi est submergé de contenus jusqu'alors refoulés. La répétition est considérée comme un moyen d'abréagir le trauma en cherchant à lier cet excès d'excitation. La répétition échoue en raison de son caractère compulsif, laissant la victime dans un état de détresse dans lequel elle a recourt au déni, au clivage et à la projection (Freud, 1920). Cependant, cette stratégie maintient paradoxalement la victime dans un état de détresse. L'auteur suggère que le Moi ainsi débordé recourt à une stratégie défensive à trois niveaux. Au premier niveau, la fixation au trauma permet un premier déplacement analogue à ce qui se passe dans le souvenir-écran. Au deuxième niveau, l'adoption d'une identité basée sur le statut de victime contribue à renforcer ce déplacement. Au troisième niveau, une identification à l'agresseur consolide cette stratégie défensive en donnant un sens à l'hostilité éveillée par l'agression sexuelle subie.