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De nos jours, on pense généralement que le langage bizarre des schizophrènes est le produit résiduel dénué de sens d'un trouble neurobiologique. La signification des délires et des hallucinations demeure elle aussi mystérieuse. L'auteur illustre le sens que peut prendre un langage de schizophrène par des vignettes textuelles tirées d'un traitement d'inspiration psychanalytique, à un stade avancé. Il montre que ce langage est syntaxiquement et morphologiquement identique au langage ordinaire, mais d'une sémantique et d'une pragmatique qualitativement différentes. Du point de vue sémantique, les distinctions ordinaires entre les mots, les choses, les états du corps et les actions manquent, créant des mots et des phrases sans portée représentationnelle ou symbolique. C'est un langage d'équivalence, d'immédiateté et d'action, par contraste à un langage de conscience de soi, de réflexion et de communication. D'un point de vue pragmatique, le langage de la schizophrénie participe de la pensée délirante et lui sert de support dans la mesure où il ne distingue pas l'esprit du monde. L'analyste et son patient doivent avoir conscience de leur incapacité à comprendre le langage de l'autre. Ils doivent trouver un moyen de combler le fossé qui les empêche de communiquer afin que l'analyste comprenne ce que son patient veut dire et puisse le lui restituer sous forme d'interprétations compréhensibles.