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Julia Kristeva est un auteur bien connu et très productif. Psychanalyste, elle écrit sur la psychanalyse, mais sa culture embrasse toutes les sciences humaines, qu'il s'agisse de la philosophie (notamment, je crois, la sémiologie), de la littérature, de l'art et de la sociologie. On peut dire qu'elle s'intéresse à toutes les manifestations de l'esprit humain. Elle étudie tout particulièrement les relations de la psychanalyse avec la culture, qu'il s'agisse de la culture qui inspire et nourrit le développement de la psychanalyse, ou, inversement, de l'impact de la psychanalyse sur la culture du dix-neuvième et du XXe siècle, ainsi que du rôle des femmes dans ce processus.
Mélanie Klein est le deuxième d'une série de trois volumes intitulée: Le génie féminin. Dans son introduction au premier tome (1999), elle tente de donner les deux significations du terme de «génie»: la plus courante, introduite à la Renaissance, concerne l'individu - «x ou y est un génie». L'autre acception, plus ancienne et plus vague, désigne le génie d'un groupe, d'une culture - son inspiration et la mythologie dont elle est imprégnée. Bien qu'il apparaisse clairement tout au long du livre qu'elle a une conviction très forte à ce sujet, Kristeva dit laisser ouverte la question de savoir s'il existe un génie spécifiquement féminin. Elle donne également sa définition d'un individu de génie, que je pense pouvoir résumer ainsi: pour l'auteur, un génie incarne et exprime tout à la fois le génie de sa culture dans le second sens du terme, en même temps qu'il le dépasse en ouvrant à ce dernier de nouveaux horizons. «Sans eux [W. R. Bion et D. W. Winnicott]2 écrit-elle, et sans la psychanalyse moderne de la psychose et de l'autisme, dominée par les travaux de Mélanie Klein, nous manquerions aujourd'hui de cette empreinte qui spécifie la culture moderne, à savoir la proximité de la folie et la diversité des soins grâce auxquels nous pouvons la moduler» (1999, p. 17, tome I). Elle attribue aussi au vocable