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L'auteur tente de différencier l'imagination intuitive de l'imagination délirante. Il émet l'hypothèse que la psychose altère l'organisation de la pensée intuitive qui, de ce fait, ne peut pas se développer de façon dynamique et sélective. Des savants de disciplines aussi éloignées que possible de la psychanalyse, tels que Einstein, Hadamard ou Poincaré, pensent que la pensée intuitive œuvre inconsciemment en permettant la rencontre créative des idées. Grâce à l'œuvre de Bion, les psychanalystes ont commencé à comprendre que la pensée à l'état de veille est inconsciemment entremêlée au travail du rêve. La construction délirante est similaire à la production sensorielle du rêve mais, contrairement au rêve réel, elle se maintient dans la mémoire de veille et crée des personnages qui vivent de façon indépendantes dans la vie éveillée du rêveur. C'est un rêve qui ne prend jamais fin. En revanche, le vrai rêve disparaît lorsqu'il a rempli son rôle de communication. Lors de l'analyse de patients psychotiques, il est fondamental d'analyser l'imagination délirante qui domine la personnalité et transforme l'état mental de façon continue, déformant la vérité émotionnelle. L'imagination délirante a des racines si profondes dans le fonctionnement mental du patient que, même après une analyse systématique, le monde délirant, qui avait semblé disparaître, re-émerge sous de nouvelles configurations. Le noyau psychotique reste encapsulé; il provoque de l'instabilité et peut induire de nouveaux états psychotiques chez le patient. L'auteur rapporte des fragments de l'analyse d'un patient qui, après un épisode délirant traité par des médicaments, a présenté un fonctionnement psychotique prévalent. Il propose quelques réflexions sur la nature de l'état psychotique et sur l'approche thérapeutique utilisée pour transformer la structure délirante. L'article insiste en particulier sur la difficulté de perlaborer l'épisode psychotique et de «déconstruire» l'expérience délirante, du fait de la terreur qu'elle entraîne. Dans le cas rapporté ici, le travail analytique a transformé la construction délirante en une forme plus bénigne de celle-ci, caractérisée par des traits phobiques. L'analyse du transfert psychotique a permis de se focaliser sur l'activité inconsciente qui influençait de façon continue tant la figure transférentielle de l'analyste que la réalité psychique du patient.