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Depuis quelques dizaines d'années, les transgressions de l'éthique psychanalytique ont été l'objet d'une attention croissante. Cette évolution a été favorisée par une prise de conscience accrue de la fréquence et des conséquences des abus sexuels et des conduites violentes, ainsi que par une augmentation des plaintes d'analysants concernant des abus sexuels et des transgressions non sexuelles survenus au cours de leur traitement. De nombreuses études formelles et informelles ont été consacrées à cette question et les chercheurs en ont conclu que les incidents de cette nature n'ont pas été suffisamment dénoncés. La dénonciation de transgressions causées par des analystes formateurs entraǐne des difficultés particulières du fait de leurs répercussions profondes au sein des instituts où elles se produisent (Gabbard and Peltz, 2001). Cet article étudie la transmission transgénérationnelle des transgressions et les problèmes qu'elles créent à tous les niveaux pour l'institution psychanalytique. Ces auteurs illustrent ces problèmes en signalant les compte rendu d'analyses effectuées avec Masud Khan (Godley, 2001) et avec Winnicott (Little, 1990; Cooper, 1993, Hopkins, 1998) et l'essai de Boyton (2002) publié dans la Boston Review. Grǎce à ma fonction de présidente du Comité d'Éthique de la Société Britannique de 1998 à 2003, j'ai eu accès aux compte rendu de la Société Britannique de Psychanalyse. J'ai également obtenu des informations de la part de quelques anciens membres de la Société.
Il existe actuellement un nombre considérable de publications sur le thème des transgressions.
Gabbard (2003), qui a beaucoup écrit sur le sujet, a reçu dans sa consultation, évalué et traité plus de 150 cas de professionnels soignants, parmi lesquels des psychanalystes