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Après-coup est la traduction française d'un concept nommé par Freud Nachträglichkeit (nom) et nachträglich (adjectif). Etant donné qu'il s'agit d'un mot courant en allemand, c'est là peut-être la raison pour laquelle le concept de nachträglich et Nachträglichkeit — au sens d'après-coup — n'a pas acquis dans la culture germanique la même prégnance qu'en France, où la traduction a demandé un effort de réflexion.
Aucun article de Freud n'est spécifiquement centré sur ce concept. Cela peut au moins partiellement expliquer ses divers destins. Ainsi, nous pouvons créditer Lacan d'être le premier, en 1953, à avoir souligné l'importance de ce concept freudien se référant exclusivement au cas de L'homme aux loups. Laplanche et Pontalis (1964, 1967) furent les premiers à attirer l'attention sur la portée générale du concept et récemment Laplanche en a donné la définition suivante: «La notion d'après-coup est importante pour la conception psychanalytique de la temporalité. Elle établit une relation complexe et réciproque entre un évènement significatif et la réattribution d'un sens ultérieur, grâce à laquelle l'événement acquiert une efficience psychique nouvelle» (2002, p. 121).
Comme nous le savons, Nachträglichkeit fut traduit par Strachey par “deferred action” (action différée). (Dans certains cas, «action différée» est une traduction correcte de Nachträglichkeit. Pour les différentes significations du mot dans l'oeuvre de Freud voir Laplanche 1998, Green 2000). En choisissant ce mot, Strachey essayait de transmettre l'idée d'un lien entre deux moments. Mais le mot “deferred” (différé) suggère par ailleurs, une conception linéaire du temps. Il exprime aussi la direction de la flèche du temps, dans un sens opposé à celui suggéré par «après-coup» — qui est