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La trilogie Matrix2 — dont le scénario a été rédigé par les metteurs en scène — s'apparente au genre du film de science-fiction. Ses scènes d'action bien chorégraphiées et ses effets spéciaux fracassants l'ont rendue très populaire. De plus, le scénario, clairement influencé par les intrigues d'Orwell dans 1984 et de Kubrick dans 2001: Odyssée de l'espace3, est un commentaire intelligent du vieux débat sur la nature de la réalité et sur nos origines, sur le pouvoir et la séduction de «la machine», sur la dialectique du corps et de l'esprit. Les effets spéciaux, captivants, sont parfaitement adaptés aux intentions narratives profondes du film: séduire les sens. En effet, les frères Wachowski interpellent le spectateur en questionnant la nature même de l'expérience qu'il vit en tant que spectateur: comment savons-nous ce qui est réel? Sommes-nous véritablement éveillés ou vivons-nous dans un rêve à l'intérieur d'un rêve? Existe-t-il une vie au-delà des sens et de leur accrochage sensuel à la réalité? Ces questions ont de tout temps alimenté les débats philosophiques et existentiels. Bien entendu, elles interrogent également la découverte de soi (de la réalité intérieure et de la réalité extérieure) et celle des forces dynamiques qui dirigent l'humanité; c'est là que le symbolisme de la trilogie rencontre les conceptions psychanalytiques. Je propose de lire et de comprendre le scénario comme une représentation des conflits à l'oeuvre entre les parties psychotique et non-psychotique de la personnalité, en nous attachant plus particulièrement à la perversion de la réalité qui menace lorsque domine la partie psychotique de la personnalité. Examinée selon ces perspectives, la trilogie met en scène la réalité mythique — dans le sens bionien — d'un monde-bêta animé par une mentalité-bêta possédant ses repères propres, ses lois et ses raisons d'exister.
Bion (1957) a émis l'idée que le fonctionnement psychique comprend toujours des aspects non-psychotique et psychotique. Le pr