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Dans cet article, l'auteur passe brièvement en revue les principaux points concernant le développement des idées sur le transfert, idées tributaires des découvertes de Freud. Quelques développements prenant leur origine dans l'œuvre de Freud seront ainsi discutés à partir de la forte impression qu'ils ont laissée. L'auteur mentionne en particulier l'élaboration chez Melanie Klein d'un monde interne peuplé d'objets internes et sa description des mécanismes du clivage et de l'identification projective, ayant tous deux profondément modifié notre compréhension du transfert. En partant d'un matériel clinique particulier, l'auteur illustre une situation transférentielle de grande importance et, selon lui, mésestimée, malgré son rapport à la « situation totale » telle qu'envisagée par Klein. Dans ce type de transfert, l'analyste se retrouve en position d'observer et, dès lors, n'est plus l'objet primaire à qui s'adressent l'amour autant que la haine. Il est au contraire placé en position de figure exclue et il peut aisément être poussé à agir plutôt qu'à comprendre le rôle qui lui est attribué. Dans cette situation, il peut tendre à rétablir la position d'objet primaire dans le transfert du patient ou, inversement, éviter la dimension transférentielle en faisant des interprétations extra-transférentielles et se mettre alors à agir le rôle d'un surmoi jugeant et critique. S'il peut tolérer la perte d'un rôle central et comprendre la position transférentielle dans laquelle il est placé à certains moments, l'analyste parviendra à réduire la tendance à agir, et faire émerger des sentiments en rapport avec le deuil et la perte présents en lui et chez le patient.
Cet article est le texte d'une conférence donnée le 14 octobre 2006 à l'occasion du English Speaking Week-end, lu également le 7 février 2007 lors d'une réunion de la Société Britannique de Psychanalyse. La version de ce travail avait pour titre « Le transfert maintenant et autrefois », dans lequel le double sens avait pour intention de faire une comparaison entre la vision contemporaine et l'ancienne vision du transfert, et de suggérer que le transfert est toujours là et ne se manifeste pas seulement de manière épisodique.
Traduit de : Transference to the analyst as an excluded observer. Int. J. Psychoanal. 2008, 89: 39-54, par François Gross, relu par John Steiner.