You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
En 2003, Sofia Coppola réalise le film Lost in translation. Le film présente l'histoire d'un acteur américain dont la carrière décline, qui est à Tokyo pour tourner une publicité d'alcool. Il est plutôt désorienté: à la fois affecté par le décalage horaire mais aussi par l'impossibilité de communiquer adéquatement. Pris dans sa solitude et son ennui, il rencontre une jeune femme, accompagnant son mari à Tokyo, prise elle aussi dans l'impasse de la difficulté de communiquer. Ils se lient d'amitié et errent ensemble dans Tokyo la nuit.
L'expression « lost in translation » est bien connue et rend compte du fait qu'une traduction ne peut jamais rendre complètement l'original, qu'une perte est inévitable. Les traducteurs de L'Année psychanalytique internationale sont bien conscients de cette réalité. Pour prendre comme exemple le film de S. Coppola, au Canada, le titre a été traduit par « traduction infidèle ». On conviendra facilement que le titre original du film comporte des sens implicites qui sont « perdus » dans le titre canadien. Non seulement le traducteur y a laissé tomber la notion de perte mais il y a aussi ajouté la notion d'infidélité. Qu'il s'agisse du mot « perte » ou du mot « infidélité » ceux-ci possèdent des potentiels évocateurs tellement puissants qu'il est inévitable que le remplacement de l'un par l'autre modifie considérablement le sens émotif implicitement lié au titre. Bien sûr, tant la perte que l'infidélité sont présentes dans le film de S. Coppola, cependant quelle est la représentation qui est avant tout évoquée par le titre anglophone? S'agit-il vraiment de l'évocation d'une relation équivoque qui pourrait les mener à l'infidélité? Ou plutôt celle, plus universelle, de deux êtres perdus?
Les deux personnages principaux du film partagent une quête commune, la quête du sens. C'est aussi la quête du traducteur. David Alcorn écrit qu'une traduction est « bonne » si elle fait comprendre, dans une autre langue, le sens de ce que l'auteur écrit dans