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En lisant et relisant ce récit, je demeure admirative du courage, de la ténacité, de la présence bienveillante de Mme Smolen. Ses interventions ou interprétations ne sont pas intrusives et le respect avec lequel elle expose les difficultés des uns et des autres est très remarquable.
Les huit premiers mois de la vie de Georgie sont dramatiques. Son père adoptif l'a sûrement sauvé d'une mort physique et psychique. Grâce à des soins auditifs, l'enfant peut recouvrer l'ouïe mais suivent des opérations multiples pour réparer un strabisme. On lui retire aussi ses amygdales. Ces soins et opérations ont été une épreuve douloureuse pour cet enfant qui a déjà tellement souffert et le contraste entre l'absence de stimulation des premiers mois et la surstimulation qui a eu lieu par la suite mérite d'être noté.
Les ressources de Georgie apparaissent avec évidence, ne serait-ce que dans son évolution après l'adoption. La détermination et l'aide de son père adoptif sont impressionnantes. Je me demande en quoi l'adoption d'un autre petit garçon un an après celle de Georgie a pu désorganiser l'équilibre précaire de celui-ci. Par la suite quel type de relations fraternelles a-t-il pu construire avec son frère, né dans un autre pays que lui? On peut imaginer: l'abandon réactualisé au moment de l'arrivée de John, la rivalité, l'appui narcissique sur un autre semblable …
Lorsque je rencontre les (ou le) parents d'un enfant qui doit entreprendre une thérapie ou une analyse, je suis très attentive à la manière dont les parents, même s'ils sont apparemment demandeurs, vont pouvoir supporter la situation analytique proposée à leur enfant. Je ne m'engage pas avec l'enfant avant qu'une relation de confiance, même relative, n'existe entre l'adulte et moi, car trop de thérapies ont été interrompues par des parents qui, pour des raisons personnelles