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Ce commentaire porte sur le remarquable travail analytique effectué auprès d'un garçon par une psychanalyste d'enfants chevronnée. J'ai d'autant plus de plaisir à partager mes réflexions sur l'analyse du petit Georgie qu'Ann Smolen m'a déjà fait l'honneur de commenter mon propre travail. Je construirai mes propos autour des deux axes que sont la réalité triadique et l'analyse d'un enfant dont les deux parents sont de même sexe, par un analyste de sexe différent du leur.
Dans une série de textes antérieurs2, je développais l'hypothèse selon laquelle, du point de vue psychanalytique, il est utile de concevoir la structure du sujet en termes de ses différentes représentations - de lui-même avec sa mère, de lui-même avec son père et de lui-même avec sa mère et son père ensemble. Cette structure permet à l'analyste d'enfants, comme à l'analyste d'adultes, de conceptualiser le transfert en termes d'une entité dynamique et mobile au sein de laquelle on peut s'attendre à ce que l'une ou l'autre de ces perspectives émerge à tel moment donné. En outre, il devient alors possible de comprendre que le mouvement intrapsychique au sein de ces composantes représentationnelles du sujet constitue l'étayage dynamique des capacités ludiques du Moi, ce qui à son tour permet l'émergence de perspectives multiples qui favoriseront le processus thérapeutique. C'est cette architecture intrapsychique supposée que j'appelle la réalité triadique; c'est la capacité à utiliser la mobilité implicite fournie par ces trois structures représentationnelles identitaires qui, à mon avis, permet une organisation névrotique optimale.