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L'une des difficultés à étudier le terrorisme, c'est que nous n'avons pratiquement pas accès aux individus terroristes; seules leurs actions sont visibles. Les fondateurs du groupe terroriste italien les Brigades rouges, par contre, ont raconté leurs expériences et ont expliqué leurs motivations de façon exhaustive. Selon l'auteur, ces autobiographies et les entretiens qu'elle a menés avec plusieurs membres du groupe nous donnent accès aux processus inconscients impliqués dans la formation et le fonctionnement du groupe. À la suite d'une attaque terroriste, on en vient naturellement à s'interroger sur la pathologie individuelle qui pourrait sous-tendre la mise en acte de cette violence extrême. Cet article soutient que la pathologie impliquée dans l'entreprise terroriste ne relève pas de la pathologie individuelle mais groupale. S'appuyant sur les théories de Freud sur les groupes (1921), Bion (1961), Anzieu (1975) et Kaës (2007), l'auteur avance que la théorie psychanalytique est essentielle pour comprendre les motivations et les actions des groupes violents qui, autrement, restent obscures. Bien que la discussion soit limitée à un groupe terroriste, l'auteur espère qu'elle sera également utile pour comprendre la dynamique inconsciente d'autres groupes structurés autour d'une idéologie qui légitime la destruction de la vie humaine.