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La Société de Psychanalyse d'Israël (SPI) est une société en plein développement. Le nombre de ses membres a plus que doublé au cours de la dernière décennie et il existe une demande constante de formation (environ 12-15 candidats sont admis chaque année). Ses membres enseignent, publient, proposent des formations et des conférences et nombreux psychana-listes sont actifs sur la scène internationale. En même temps, la SPI est une Société qui s'est déchirée de l'intérieur au cours des deux dernières décennies à la suite de vives divisions théoriques et de positions apparemment irréconciliables; de larges divergences s'en sont suivies tant sur le plan clinique que thérapeutique.
De profonds courants historiques ainsi que des liens affectifs rattachent la SPI à la tragédie colossale que connut la communauté juive européenne durant le XXe siècle. Cette évolution s'est produite sous bien des angles, parallèlement au développement historique de l'État d'Israël dont elle fait partie. Bien que le mouvement sioniste et la colonisation juive dans le pays aient précédé l'Holocauste d'au moins un demi-siècle (en Palestine d'abord, sous les Ottomans, plus tard sous le mandat britannique), il est indiscutable que la persécution puis l'élimination des Juifs en Europe par l'Allemagne nazie et ses alliés, ainsi que les événements consécutifs qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, ont exercé un rôle majeur en accélérant la création d'un État d'Israël indépendant, aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. De l'intérieur, la présence juive dans le pays s'est accrue par l'arrivée massive de réfugiés qui avaient survécu à la guerre et aux camps de la mort; de