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Si l'on se souviendra de Hans W. Loewald, ce ne sera pas pour une nouvelle théorie qu'il nous aurait laissée, ni pour une quelconque découverte scientifique; ce sera pour la sagesse qui imprègne ses écrits. Pour cette raison, je ne crois pas qu'il lui arrive un jour d'être à la mode mais je peux supposer qu'il continuera à intéresser des lecteurs, au fil des générations. Pour apprécier Loewald, il faut de la patience et une capacité de jouer (des traits bien utiles pour un psychanalyste): une volonté de vivre avec la pensée non familière d'un autre, de permettre à celle-ci de prendre racine dans sa propre psyché, d'y retourner après quelque temps et de revoir alors comment cette pensée initialement non familière se présente, à partir de la perspective modifiée maintenant devenue la sienne propre. Considérons de plus près ces deux extraits tirés de La théorie psychanalytique et le processus psychanalytique:
Il est également nécessaire de dire que l'amour de la vérité ne constitue pas moins une passion parce que l'on désire la vérité plutôt qu'un autre but moins élevé. Dans notre domaine, l'amour de la vérité ne peut pas être isolé de la passion pour la vérité envers soi-même et dans les relations interhumaines. Dans les autres domaines, également, l'homme ou la femme de science est plein d'amour pour son objet, précisément dans ses moments les plus créatifs et les plus «rationnels». Dans sa forme la plus authentique, le détachement scientifique n'exclut pas l'amour, bien au contraire; il s'appuie sur lui. On peut vraiment dire que dans nos moments de travail analytique les plus créatifs et les plus «rationnels», nous aimons notre objet, le patient, plus qu'à n'importe lequel autre moment et que nous sommes alors compatissants avec son être tout entier.