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L'auteur de cet article soutient que l'une des principales fonctions de la relation perverse est de pousser l'analyste à devenir le complice inconscient du patient par un « pacte pervers » dirigé contre le travail analytique et visant à dénier les aspects intolérables de la réalité. L'intensité de la force d'induction collusoire de la relation perverse conduit l'analyste à participer à des énactions transféro-contre-transférentielles ainsi qu'à la cristallisation d'une collusion silencieuse et chronique entre le patient et l'analyste dans le champ analytique aboutissant à la stagnation du processus (cf. Le « bastion », Baranger et Baranger). L'auteur affirme que l'analyse de la pathologie perverse ne doit pas se limiter à la seule interprétation du fonctionnement intrapsychique du patient, mais également prendre en compte les informations obtenues par l'analyste dans sa participation aux énactions collusoires. L'analyste doit donc jeter également un « regard second » sur le « champ » analytique, à la recherche de bastions sous-jacents. L'auteur passe en revue les principales contributions psychanalytiques ayant éclairé le phénomène d'induction collusoire dans la relation perverse avant de l'illustrer en décrivant l'analyse d'un patient à la personnalité perverse. Pour ce patient, l'une des principales fonctions de son mode de relation pervers était d'amener l'analyste à devenir complice de son déni de la terreur de la mort. L'auteur souligne l'influence qu'exerce l'angoisse de mort sur le développement des bastions dans le traitement des patients pervers.