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Cet ouvrage en deux volumes fait suite au livre: « Freud et la France », 1885-1945, PUF, 2010, du même auteur. Alain de Mijolla est un psychanalyste qui écrit l'histoire de la psychanalyse sans jamais se prétendre historien. Par modestie il se qualifie un « raconteur d'histoires », un métier qui tend cependant à disparaître, au point où Walter Benjamin avait pointé que l'art de conter était en train de se perdre.
L'auteur utilise une méthode de présentation des événements et des documents qui donne un contour à la possibilité de la construction du fait historique. Celle-ci est opposée à un récit générant bien souvent une mythologie avec ses héros, ses faits de guerre, ses victoires et défaites. Alain de Mijolla dans son enseignement oral soulignait la nécessité de la datation lorsqu'on devait parler des références à des pensées en construction comme celle de Freud. D'évidence il s'applique la même méthode. La construction des ouvrages de sa trilogie obéit à cette règle de la présentation chronologique année par année. Pour lui c'est la seule manière de se tenir à une rigueur de lecture contextualisant la naissance des notions et outils de pensée d'un théoricien. Sa méthode constitue une ligne de force permettant au lecteur de se faire sa propre opinion. En même temps elle comporte des limites, vues et assumées par l'auteur qui invite d'autres chercheurs à reprendre le flambeau du travail de réflexion documentaire. Dans cet ordre d'idées: toutes les correspondances afférentes à l'époque n'ont pas encore vu le jour, puis il reste