You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Au cours de l'année écoulée, notre comité éditorial a été sollicité à propos de nos critères de choix pour notre revue annuelle qui publie en traduction française une sélection d'articles provenant de The International Journal of Psychoanalysis. Lors de nos réunions, nous prenons en compte l'importance thématique des articles au sein de la réflexion psychanalytique contemporaine, la notoriété des auteurs et l'équilibre théorico-clinique du numéro. C'est également l'occasion d'affirmer la valeur que nous donnons au plaisir du lecteur.
Dans notre précédent éditorial nous avions ainsi mis l'accent sur le travail du groupe.
Notre choix est intimement lié au travail de traduction, processus dont parle fort bien le traducteur et poète André Markowicz, dans son récent ouvrage « Partages1 ». Dans cet ouvrage qui a pris la forme d'un livre après avoir été un journal sur Facebook, l'auteur nous offre une chronique de ses traductions d'auteurs russes et anglais, de poètes latins et même chinois. Le travail sur la langue est par lui constamment référé tant à la forme, à la rythmicité du texte qu'à son sens, laissant apparaître l'affect, ce qui nous touche au-delà des mots : « Qu'est-ce que c'est un traducteur ? C'est quelqu'un qui aime quelque chose qu'il veut partager.2 »
Le journal de Markowicz s'est nourri du dialogue avec ses lecteurs, comme l'a été son travail du traducteur de théâtre : « son texte est fait pour devenir commun (…) le travail ensemble, avec tous les acteurs, pour, oui, faire un texte commun, un même matériau de jeu. (…) ça bat en brèche le mythe du traducteur solitaire.3 » Ce que, pour notre part, nous relions à la place des relecteurs dans notre groupe, mais aussi au rôle de tiers que peut prendre la théorie pour notre clinique.