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La relation corps-langage a été, dès le début, une question fondamentale pour la médecine psychosomatique. Supposant l'existence d'une corrélation entre expérience mentale et souffrance corporelle, la première question est de savoir si le corps malade essaie de dire quelque chose - si le symptôme exprime quelque chose qui pourrait seulement être dit ainsi, par un chemin détourné. Toutefois, il est difficile, incertain et seulement approximatif, de déterminer ce qui s'exprime par le corps et ce que le symptôme tente de dire, car on ne peut pas simplement transposer un processus biologique en sens. De plus, on peut se demander si l'idée d'une transposition en sens est justifiée. Cela signifierait que le contenu d'un symptôme pourrait se fondre dans les mots. La métaphore de la traduction est plus juste ; après tout, une traduction ne peut jamais rendre chaque nuance d'une idée ou d'une situation d'une langue à une autre sans un quelconque manque ou excès. La notion de traduction est utilisée ici dans un sens large, élargissement aujourd'hui largement accepté, par exemple dans le domaine culturel : selon Bachmann-Medick (2006, 2382) : « En effet, la traduction se détache de plus en plus de son paradigme linguistique et textuel et est reconnue comme une pratique indispensable dans un monde d'interdépendances et d'interconnexions ». La traduction intrinsèquement incomplète fait pendant
Article publié sous le titre « Intercorporeity and body language : The semiotics of mental suffering expressed through the body” dans The International Journal of Psychoanalysis, (2019), vol. 100, pp 769-791. Traduit par Régine Prat et relu par Maria Hovagemyan-Odone.
N.D.T. : Traduit par nous-mêmes.
au désir du patient d'acquérir une meilleure compréhension de ses souffrances et donc également de lui-même de sorte qu'il lui soit possible non seulement de se sentir à la merci d'une maladie, mais aussi de reconnaître qu'il la crée et la façonne lui-même. L'accès à la compréhens