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L'année écoulée a marqué nos esprits et nos pratiques grevés par la crise sanitaire imposée par la pandémie de Covid-19 ; dans ce contexte nos réflexions nous portent à considérer une succession de problèmes liés à notre siècle et au développement de notre dite civilisation.
Qu'il s'agisse d'environnement et de crise du climat, de questionnement identitaire, de droit et d'humanité, nous sommes sans cesse renvoyés à notre mémoire et aux conflits dont témoigne la crise de la culture déjà soulevée par Freud en son temps lorsqu'il introduit L'Avenir d'une illusion (1927).
La situation de crise actuelle, révélatrice d'une menace d'effondrement de nos cultures, n'est pas sans effet sur les pratiques de nos semblables, les lecteurs et donc sur le domaine de l'édition et des revues, dont fait partie notre « Annuel ». Nous rejoignons ainsi certaines préoccupations de nos éditeurs, voire de certains auteurs et cherchons, avec le travail de traduction et la composition de L'Année Psychanalytique Internationale, à partager et diffuser dans le monde francophone les conceptions originales de collègues internationaux.
Dans un petit ouvrage récent, Pierre Lepape (2020), critique littéraire, rassemble ses premiers souvenirs devant les ruines du Havre, ville quittée par ses parents lors de la débâcle de 1940 et rasée par les bombardements alliés. En 1945, Lepape a 5 ans, il nous entraîne dans sa découverte de ce champ de démolition qu'il étend sous nos yeux à la littérature de l'entre-deux-guerres, mais bientôt à ce qui pourra se reconstruire, voire se construire en lui au travers de sa découverte de la lecture. Le panorama qu'il brosse des revues et mouvements littéraires qui suivent la Deuxième Guerre Mondiale en France, condensé, saisissant, le conduit à son constat d'un monde qui s'en va :
« La littérature nous a sauvé la vie. Nous y avons reconnu l'amour qui, sans elle, nous aurait peut-être échappé. Nous y avons découvert les langues de la
révolte avant qu'elles ne nous étouffent.