You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Yaffe Eliach (, 4) raconte une histoire de détenus de camp de concentration contraints de sauter par-dessus un précipice ou d'être tués par balles. Parmi eux se trouvaient le rabbin de Bluzhov, Rabbi Israël Spira, et son ami, un libre penseur polonais. Une fois que tous les deux eurent sauté avec succès par-dessus l'abîme, le Polonais demanda : « Dis-moi, Rebbe, comment as-tu réussi ? ». Le rabbin répondit : « Je me suis agrippé à mes valeurs ancestrales. Je me suis accroché à la mémoire bénie de mon père, de mon grand-père et de mon arrière-grand-père… Dis-moi, mon ami, comment toi tu as fait pour atteindre l'autre côté du précipice ? » « Je me suis accroché à toi », répondit l'ami du rabbin.
Lorsque l'on vacille au bord du gouffre de l'infamie nazie, éviter d'y tomber exige « une force morale extraordinaire » - par exemple, une relation puissante, soit avec Dieu, soit avec un être humain extraordinaire (Lengyel, 1946). Pour les survivants de l'Holocauste, leurs familles ainsi que pour les spécialistes internationaux, la force morale qui leur a permis de mentaliser l'Holocauste a été Dori Laub. Il a assumé ce rôle pour moi également : pendant des années, je me suis appuyée sur lui pour écrire sur l'Holocauste.
Dans le film, le Fils de Saul, un membre du Sonderkommando est hanté par un garçon qui survit miraculeusement à la chambre à gaz, mais qui finit par être tué par un garde. L'obsession de Saul pour ce garçon est une sorte de fétiche qui, à la fois représente la réalité et à la fois la remplace, faisant ainsi écran au
Article paru sous le titre de : « Obituary, Dori Laub, MD (1937-2018) », dans The Int. J. Psychoanal. (2020) 379-387. Traduit par Marie-Pascale Paccolat, relu par Céline Gür Gressot. En 2019 l'auteure a reçu le Prix bisannuel Elise M. Hayman, décerné par l'IPA pour l‘étude de l'Holocauste et le Génocide, pour un article écrit avec Dori Laub et intitulé : « Probing the mind of Nazi perpetrators : the Use of Defensive Screen in Two Generations », dans
Article paru sous le titre de : « Obituary, Dori Laub, MD (1937-2018) », dans The Int. J. Psychoanal. (2020) 379-387. Traduit par Marie-Pascale Paccolat, relu par Céline Gür Gressot. En 2019 l'auteure a reçu le Prix bisannuel Elise M. Hayman, décerné par l'IPA pour l‘étude de l'Holocauste et le Génocide, pour un article écrit avec Dori Laub et intitulé : « Probing the mind of Nazi perpetrators : the Use of Defensive Screen in Two Generations », dans