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Une nouvelle fois les controverses de notre époque ont orienté nos choix de traductions. Nos lectures de The International Journal of Psychoanalysis au cours de l'année écoulée, encore et toujours marquée par les contraintes de la pandémie Covid-19 et son contexte critique, nous amènent à nous interroger : qu'est-ce qui prévaut, qu'est-ce qui reste ?
Les psychanalystes lecteurs et praticiens que nous sommes privilégient la clinique, dans un souci de compréhension des quêtes identitaires de nos contemporains, tout en pointant l'importance des affects, alors que le besoin de relier neurosciences et psychopathologie garde une place que l'on ne peut plus négliger dans l'analyse des mécanismes du psychisme.
La question de ce qui nous touche reste centrale : les mots et les affects, marqués par la sensorialité, précocement et durablement tout au long de notre existence, là où nous pouvons rejoindre, comprendre et à notre tour toucher ceux qui nous consultent et nous lisent. En son temps, Danielle Quinodoz (2002) l'a finement évoqué.
C'est ainsi que les artistes, écrivains, poètes et peintres nous accompagnent, et que dans notre actualité marquée par les pertes de tout ordre, nous revenons sans cesse à leur apport et ici, à l'écrit.
Le travail du traducteur, mis en exergue par Walter Benjamin (1923), a sans cesse été remis sur le métier par de nombreux auteurs, et encore récemment par nos collègues de The International Journal of Psychoanalysis (Birksted-Breen D, 2021). Il peut être compris comme un artisanat dans le sens d'un savoir-faire et d'une activité indépendante de transformation.
Le traducteur est un artisan1, écrivait Bernard Hœpffner (2018), lui-même grand traducteur, dont le travail paraît avoir été marqué si profondément par sa propre quête identitaire. Dans son unique roman, paru de façon posthume : « Portrait du traducteur en escroc », qui se présente comme une suite de récits, de témoignages, de jeux de langage, apparaît un personnage étrange, sorte de double de