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Je remercie les éditeurs de m'inviter à nouveau comme discutante dans cet échange en deux volets sur notre travail pendant la pandémie. Je remercie aussi l'analyste, Dre Y. pour sa générosité à partager ses séances et nous permettre ainsi à apprendre de son travail. Comme je l'avais déjà fait pour la première série de séances (Ehrlich 2020b), j'ai reçu cette deuxième série comme une invitation à partager la manière dont ce processus psychanalytique m'a touchée et la manière dont mes réactions pourraient être pertinentes pour éclairer ce qui est fondamental en analyse : les taches aveugles du transfert/contre-transfert et les enactments.
Dans son introduction à cette deuxième série de séances, Dre Y. résume ainsi son expérience du processus analytique qui s'est déroulé au cours des mois de séances téléphoniques :
Pendant les 14 mois qui ont suivi, la voix était la seule source disponible d'information concernant les émotions. Au début, les séances au téléphone étaient bizarrement inquiétantes, véhiculant un sentiment de solitude difficile à décrire. J'avais souvent conscience d'un sentiment de soulagement à la fin de la séance. Au fil des mois, cette étrangeté devint frustration, elle était parfois prise à la légère, car elle semblait faire maintenant partie d'une « nouvelle normalité ». Souvent, ce qui nous manquait se faisait sentir : la perte du sentiment d'humanité dont nous pouvions faire l'expérience ensemble dans le cabinet de consultation. De façon intéressante, ces défis du travail à distance semblaient aussi disparaître pour de longues périodes pour réapparaître, brusquement, à certains moments inattendus,
Page 65ce qui nous rappelait à tous les deux que cette « nouvelle normalité » n'était pas la manière dont nous aimions travailler.
Avec cette description évocatrice, la Dre