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Commenter un matériel clinique qui a donné lieu à la rédaction d'un texte exige de rappeler au préalable deux points généraux. L'analyste qui rédige un texte est dans des conditions psychiques très différentes de celles qui sont les siennes quand il écoute ses patients en séance. La rédaction d'un texte exige donc un travail supplémentaire dont je tiens à remercier l'auteur de ce récit de séances. Par ailleurs, le commentateur a seulement accès au texte et non pas au patient. Le récit exprime « l'objet interne patient » construit par l'analyste du patient, construction reflétant donc la réalité du patient et celle du contre-transfert de l'analyste. Il est donc important pour le commentateur de ne pas confondre le texte et le patient.
Les séances de J. ont eu lieu en présence et au cabinet habituel de l'analyste après une longue période, 14 mois, de séances en ligne. Cette distanciation physique a été rendue obligatoire par les risques de contagion du virus responsable de la Covid-19 et par les mesures de confinement prescrites par le gouvernement du pays où travaille l'analyste.
Il s'agit d'une situation que nous pouvons considérer comme une opportunité expérimentale artificiellement construite sous la contrainte d'éléments externes à l'analyse elle-même. La sensorialité entre l'analyste et l'analysant s'est alors trouvée beaucoup plus réduite qu'habituellement et concentrée sur un seul sens distal, l'acoustique. Ce canal sensoriel a dû drainer tous les autres sens et les représenter
car empêchés. Lors du confinement et de la mise en place de séances à distance, ce rétrécissement et cette focalisation se sont accompagnés de vécus de solitude intense, de manque, de frustration, de tristesse