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Alors que j'écris cette lettre, le choc et la souffrance du « 24 février » déclenchés par l'attaque de missiles contre l'Ukraine n'ont pas encore passé. Nous en apprenons davantage sur ces événements tragiques qui - sous les ordres du Président Poutine, ont changé en une nuit la vie et le travail de nos collègues Ukrainiens - cela grâce au contact direct et à des réunions online, y compris avec les amis de la Société Psychanalytique Ukrainienne. Plusieurs d'entre eux ont dû fuir avec leur famille sous le feu et les attaques de missiles lorsque les zones de guerre ont atteint leur domicile - et les ont affreusement détruits, de même que leurs villes - d'autres ont continué à travailler dans des circonstances radicalement détériorées, d'autres encore se sont soulevés pour défendre leur pays. Durant tout ce temps, il a été impossible de ne pas penser à eux, de ne pas être saisis d'horreur face à ce qui leur arrive ainsi qu'à ceux qu'ils aiment, et comment ne pas être stupéfaits de leur courage et de leur résilience.
Ma lettre porte sur la situation actuelle de la psychanalyse telle que je l'observe, je l'éprouve et la comprends à Moscou et plus largement en Russie. Je précise d'emblée que ma lettre n'est pas rédigée au nom d'une société en particulier, d'un institut ou d'un groupe de collègues. J'exprime exclusivement des vues qui me sont propres, qui peuvent être subjectives ou partielles et ne pas coïncider avec les positions de mes collègues. Je sens que je dois insister sur ce point, afin de ne laisser personne en situation de se faire attaquer, en particulier à la lumière des rapides changements dans la législation russe qui a récemment - en relation avec la soi-disant « opération militaire spéciale » en Ukraine, restreint la liberté de parole en général et même la liberté d'utiliser certains mots comme ceux de « guerre », « d'invasion » etc.