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De nombreuses théories ont été proposées à propos de l'origine de la guerre. Il est fort possible qu'elles soient toutes valides. Chacune peut contribuer à expliquer certaines guerres ; et quelques-unes peuvent contribuer à expliquer toutes les guerres. Nous pouvons diviser ces théories en deux grands types : celles qui traitent de ce que la science médicale appellerait les causes précipitantes et celles qui traitent des causes prédisposantes ou constitutionnelles. Prenons l'analogie avec un rhume. Dans ce cas, l'exposition à un agent pathogène, ou à des conditions météo défavorables pourrait être une cause déclenchante. Mais ces causes ne suffiraient pas à elles seules à produire un rhume sans une certaine disposition constitutionnelle - une poitrine faible, des amygdales hypertrophiées, ou quoi que ce soit d'autre. Je crois qu'il en est ainsi de la maladie sociale de la guerre. Beaucoup de facteurs, parfois tout à fait opposés, peuvent représenter des causes précipitantes : des assassinats politiques, ou le fait d'avoir une armée si grande qu'elle ennuie vos voisins, ou si petite qu'ils sont tentés de vous ignorer. On peut comparer cela au fait de sortir sous la pluie ou d'oublier un manteau. Il reste cependant la disposition constitutionnelle. Les personnes qui n'aiment pas le pacifisme disent souvent que c'est dans la nature humaine de se battre et que la nature humaine ne peut pas être changée. Dans quelle mesure cela est-il vrai ?
L'école psychanalytique de psychologie, fondée par Freud, a récemment fait d'importantes découvertes sur les pulsions destructrices de l'homme. Et le Dr Edward Glover, en particulier, les a appliquées à une étude des causes de la guerre. Il a toujours été assez évident que l'homme à l'état de nature est un animal agressif. Il est également évident que l'homme civilisé peut retrouver bien facilement sa sauvagerie en mettant en danger sa propre sécurité ou celle des autres. Mais ce que l'on ignorait, c'est que