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Cher Rédacteur,
C'est un privilège très rare de recevoir une réponse à un de mes articles, et ce de la part de quelqu'un qui a vécu l'expérience sur laquelle porte la publication en question. L'association libre généreuse, courageuse, et émouvante que fait Jules Schaper à propos du terme que j'ai utilisé dans mon article sur les transgenres2 – un « lieu à soi hospitalier » – nous procure une très riche matière à penser alors que les débats actuels sur les transgenres continuent à diviser les cliniciens et la communauté transgenre.
Sa contribution m'a profondément touchée et émue, et elle résonne avec le combat que mènent certains de mes patients transgenres. Plus précisément je retiens cette phrase :
Après toutes ces années, je ne peux toujours pas dire que la question du genre n'est plus un « problème » pour moi ou que j'ai trouvé mon « lieu à moi ». Ma quête persiste et je pense que je trouverai un peu de paix seulement en essayant de donner un sens à la source de mon malaise. Contrairement à ceux qui voient dans la dysphorie de genre un diagnostic définitif et dans la transition la réponse à tous leurs problèmes (idée très tentante) je l'ai toujours considérée comme la conséquence
(2024). Response to : “Finding a hospitable home – transitioning as a last resort” by Jules Schaper. Int. J. Psychoanal., 105/4, 615-618. Traduit par Drina Candilis-Huisman et relu par Anne Howald.
(2018). Transitory identities : some psychoanalytic reflections on transgender. Identities IJP, 99 (5), 1089-1106.
Page 217d'un très grand malaise, comme un des aspects d'un réseau de causes multiples de souffrances intriquées les unes dans les autres (mes italiques).
Ce « réseau de causes multiples de souffrances intriquées les unes dans les autres » rend compte de façon poignante des expériences que mes patients transgenres ont partagé avec moi pendant des années, qu'ils aient choisi ou non une transition médicale. Cependant dans le contexte d'une prise en soin militante des questions de ge