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La musique et la guerre : vaste sujet. Cet essai se limite principalement à des œuvres de musique classique occidentale composées en réponse à la deuxième guerre mondiale. J'étudie deux chefs-d'œuvre : A Ceremony of Carols (1942)2 composé sur un bateau sous la menace des sous-marins par le pacifiste anglais Benjamin Britten alors qu'il rentrait de son exil volontaire pour faire face à la guerre ; et le Quatuor pour la fin du temps (1941) du français Olivier Messiaen, interné dans un camp de prisonniers de guerre où 400 prisonniers et des officiers allemands assistèrent à sa première représentation par un froid glacial. Je me réfère également aux expériences de Bion pendant la guerre. J'aborde la guerre comme une amplification des haines et des rivalités au sein de la famille, en m'appuyant sur la Lamentation de David à la suite du meurtre de son fils Absalom et mis en musique dans des chefsd'œuvre à travers les siècles. J'explore aussi le Requiem pour la Guerre de Britten, témoignage moderne sur les horreurs de la guerre, qui évite la grandiloquence et met l'accent sur l'ambivalence et l'ambiguïté. J'examine ces œuvres à travers les théories L, H, K et O de Bion, et suggère qu'elles confirment non seulement la théorie de l'espace transitionnel de Winnicott, mais surtout la théorie de Segal sur la créativité artistique émanant de la position dépressive, avec sa représentation d'un monde en ruines que la musique peut s'employer à commencer de réparer, particulièrement grâce à un processus d'écoute et de contenance musicalement esthétique, une notion développée dans l'article.