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Il s'agit d'interroger la pertinence du regard psychanalytique lorsqu'il se confronte aux réalités géopolitiques des guerres et à l'expérience de la souffrance de masse. La présence d'une certaine polarisation au sein des collectifs psychanalytiques, petits ou grands, témoigne d'un effort de contenir le sentiment d'impuissance au sens clinique du terme face à la souffrance humaine extrême. L'article étudie l'impact qu'a sur le clinicien l'impossibilité de soulager le surgissement de la souffrance massive, la difficulté de rester empathique lorsque la souffrance de l'autre est inimaginable, et le recours à la projection pour garder une certaine cohérence interne. Le fondement éthique de la psychanalyse défini par Levinas comme « responsabilité pour l'autre » est mis en avant comme instrument essentiel pour restaurer une certaine cohésion au sein de la profession. Un cessez-le-feu au sein de la profession est posé comme une étape indispensable pour retrouver une capacité de penser ensemble, de pouvoir à nouveau s'engager de manière productive les uns avec les autres et de permettre également à la psychanalyse de jouer un rôle constructif face au violent courant sociopolitique actuel.