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“Ce n'est pas sans raison qu'on dit que qui ne se sent point ferme de mémoire ne doit pas se mesler d'estre menteur”
Montaigne, Essais, Livre I Chapitre 9, p 36
C'est une question complexe mais essentielle pour la vie psychique. L'analyste qui cherche à comprendre le discours de l'analysant y est confronté chaque jour Non pas de par la malice du locuteur, mais par la force qui s'oppose à la vérité enfouie de chacun
Laissons-nous d'abord prendre au mot lui-même Curieusement, le Larousse étymologique nous indique que l'étymologie est incertaine voire trompeuse. L'étymon est conjectural voilà perdu le gouvernail. De plus, le mot fut féminin jusqu' au 17e siècle Enfin, on ne peut qu'être frappé par le fait que le mot même de mentir de par sa racine semble dire faire acte d'esprit
Laissons-nous guider par les mots des autres Augustin (1948) dans le De Mendacio, écrit en 395, en introduit ainsi la complexité. “le mensonge soulève de gros problèmes qui nous troublent souvent dans le train quotidien de notre vie … Nous les étudierons avec la minutie spéciale aux chercheurs, car il s'agit d'une question enveloppée de mystères Elle déjoue souvent les efforts de l'enquêteur La solution contiendra peut-être quelques erreurs, mais comme c'estle vrai quinous délivre de toute erreur c'est le faux qui nous y enlace, j'estime qu'on ne se trompe jamais avec plus de sécurité que lorsqu'on se trompe par un trop grand amour du vrai et une trop grande défiance du faux” (p. 236)
Le Petit Robert définit le mensonge comme une assertion sciemment contraire à la vérité faite dans l'intention de tromper St-Augustin retient un aspect matériel, l'énoncé d'une fausseté, et un aspect formel le désir de tromper (fallendi cupiditas). La difficulté initiale est de situer le