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Les réflexions qui font l'objet de cet exposé m'ont été inspirées par la constatation que sept sur dix des patientes que j' ai soit en analyse, soit en psychothérapie et dont l'âge s'étage entre 20 et 56 ans, ont présenté des désordres alimentaires à l'adolescence A ce matériel vient s'ajouter celui de plusieurs analyses que j'al pu suivre et qui ont été menées par de jeunes collègues Le plupart des cas avaient surmonté leurs symptômes bien avant le début de leur thérapie, généralement de façon spontanée Cependant, leur personnalité continue à porter l'empreinte de ce qui avait provoqué leur “effondrement au cours de l'adolescence” (Laufer et Laufer, 1984) et les raisons qui les ont amenées à demander de l'aide plongent leurs racines dans le terreau même où leur boulimie et/ou leur anorexie avait trouvé naissance.
Je suis bien consciente que ces troubles sont actuellement “à la mode” et, semble-t-il, plus répandus. Aux raisons sociales parfois invoquées, il me semble possible d'ajouter au moins deux facteurs.
Les troubles alimentaires sont mieux repérés qu'autrefois Seules leurs formes dramatiques mettant la vie en danger recevalent une réelle attention;
La tuberculose, maladie qui frappait et tuait jusqu'au milieu de ce siècle, des millions d'adolescents en Occident a pratiquement disparu. Elle devait remplir une place dans l'économie psychique
qui est en quelque sort restée vacante et que les désordres alimentaires sont en partie venus occuper.
L'Etude de la philosophie et des religions nous met en présence de nombreux systèmes de pensée ou de croyance qui affirment un dualisme corps-âme. Certaines hérésies gnostiques, les Bogomiles, les Cathares (du grec katharos = pur) envisagent le corps comme un instrument du diable destiné à conquérir le pouvoir sur l'âme humaine, une gangue, une boue dont il convient de se défaire (Pasche, 1959). La psychologie psychanalytique nous apprend que l'idée d'une âme distincte du corps repose, en partie du moins, sur l'expérience du