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On ne sait pas toujours à quel point les enfants Gardent de leurs blessures le souvenir longtemps On ne sait pas toujours à quel point les enfants Gardent de leurs blessures un souvenir cuisant Ni le temps qu'il faudra pour apprendre à guérir
Les projets, les propos et les brouillons de pensée peuvent flotter dans notre tête de psychanalyste pendant de longs mois Leur articulation n'est pas définitive On les décrirait souvent beaucoup plus justement comme des préoccupations qui n'ont pas encore atteint le stade de véritables enchaînements d'idées. Puis un jour, un détail parfois trivial, presque toujours inattendu, vient tout à coup donner un sens à ce qui n'était qu'un climat, et la pensée soudain s'ordonne dans le geste d'écrire. La lecture d'un article dans le journal Le Monde a été l'événe-ment déclencheur de ce texte.
Le journal tenu pendant près de trente ans par le médecin de Louis XIII en dit long sur l'exercice du pouvoir royal Tel est le commentaire qui accompagne un article intitulé « Le Petit Prince » paru le 19 janvier 1990 sous la plume de Roger Chartier. Il s'agit du Journal de Jean Héroard, ce médecin élu en septembre 1601 par Henri IV pour veiller sur la nourriture et la santé de son fils encore à naître. « Je vous ay choisy pour vous mettre près de mon fils le Dauphin, servez le bien » De fait, Héroard le servira bien, d'abord comme premier médecin du dauphin, puis, à partir de 1610 et jusqu'à sa mort en 1628, comme premier médecin du roi En stricte conformité avec la médecine hippocratique,