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Derrière le voile du plaisir, la représentation du rapport sexuel s'organise rarement sans angoisse. Le fantasme de viol est une figuration fréquente pour aménager cette angoisse On rencontre ce fantasme chez presque toutes les femmes. Il est particulièrement présent à certaines périodes du développement comme l'adolescence; chez la femme adulte il ne se manifeste le plus souvent que sous une forme fruste. On en retrouve des dérivés dans les cures à travers le transfert ou la résistance; certains symptômes névrotiques phobiques se développement autour de ce scénario.
Nous aborderons ici l'angoisse liée au rapport sexuel selon l'angle de l'angoisse génitale, celle qui fait intervenir la mise en cause du corps sexueé, dans l'aménagement du lien entre l'éveil libidinal du sujet et la rencontre de l'objet nécessaire à la satisfaction. Ce corps sexué s'organise autout de la représentation des organes génitaux. Cette représentation va contribuer au développement du scénario fantasmatique à travers lequel la pulsion sexuelle va s'exprimer. Le potentiel traumatique et la conflictualité inhérente à la différence des sexes et à celle des générations vont construire ce scénario afin de tamiser, contourner et figurer les enjeux contradictoires entre l'accès à la satisfaction libidinale et l'inquiétante incomplétude narcissique à laquelle nous confronte la sexualité
Le fantasme de viol est un confluent fréquent par où transitent des angoisses génitales féminines. Il est cependant souvent présenté sous des formes stéréotypées, condensées ou diffuses. Nous nous arrêterons ici à en développer différents aspects: les éléments descriptifs, les fonctions défensives et certains ancrages dans la maturation pulsionnelle