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L'auteur de ce livre, psychiatre, psychanalyste, est aussi Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, auteur d'une thèse intitulée «Abord Psychanalytique des Processus Psychiques Dèterminants dans l'Épilepsie Essentielle.» Elle s'attache ici à étudier à la fois l'oeuvre et la biographie de deux écrivains parmi les plus grands de la littérature mondiale, tous deux épileptiques, et à démontrer comment leur maladie ne devrait pas, comment on le fait trop souvent, être clivée de leur inspiration créatrice. Elle tente de démontrer que des mécanismes psychiques communs ont été à l'origine et de la créativité et de l'épilepsie de Dostoievski et de Flaubert. Elle s'oppose done à la position neurologique qui voit l'épilepsie comme un déficit, vide de sens psychique, et non pas comme signe positif d'une économie psychologique pouvant être restaurée au prix de la crise convulsive (la «somatisation» cérébrale devient un bénéfice primaire de l'hystérie préexistante)
On doit reconnaître avec elle au départ que l'épilepsie est peut-être, parmi toutes les maladies, celle dont les symptômes sont le plus visiblement à l'articulation des fonctions cérébrales versant somatique, sensori-moteur, et versant psychique. Tout naturellement, elle a donc entraîné d'innombrables recherches, marquées soit par le réduction-nisme inévitable de la rigueur scientifique, soit par la liberté de la spéculation interprétative. C'est dans la deuxième catégorie que se range le livre de Marie-Thérèse Sutterman, qui prend vigoureusement partie dans une polémique manichéenne: psychogenèse contre organo-génèse de l'épilepsie, s'appuyant sur une analyse exhaustive de l'oeuvre des deux illustres patients dont elle a une connaissance en profondeur Elle avance une interprétation hardie: l'article de Freud (Dostoïevski et le parricide) s'explique par ses propres désirs parricides envers son maître Chariot, et par sa rivalité de créateur avec Dostoievski