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Entre l'esquive et l'inflammation, les métaphores des Études sur l'hystérie situent d'emblée la résistance dans un registre complexe Cette découverte cardinale est l'objet d'une description minutieuse dans les études centenaires Par la suite, la question, centrale pour l'intelligence de la psyché, a souvent été confinée au rayon des préoccupations techniques, confiée aux mécaniciens de la cure. La notion de résistance est une sorte de lieu commun de la pensée analytique, une salle des pas perdus où transitent mille difficultés de la pratique analytique. Elle est définie comme l'actualisation d'une défense dans la cure. Si l'on en parle peu, c'est qu'il est malaisé d'évoquer ce qui en nous s'oppose à la découverte de ce qu' on présente comme l'élément qui nous fascine, l'inconscient. Il est préférable d'oublier que c'est souvent une lutte constante pour accéder très partiellement à cet inconscient qui se dérobe constamment à nous.
Par ailleurs, il faut reconnaître que c'est la partie aride du travail avec les patients, «partie qui nous donne le plus de peine» nous dit Freud dans l'Abrégé. Après chaque entrevue où s'effectue une percée, l'entrevue suivante dans la pulsation du rythme inhérent au travail analytique est ingrate et souvent terne; c'est l'entrevue de résistance. Il ne suffit pas de rappeler le rapport avec la séance antérieure pour la faire cesser. Ce qui rend difficile l'étude de la résistance, c'est qu'elle nous donne l'impression de travailler à l'aveugle Elle vient ainsi contrer l'excitation voyeuriste qui est un des supports énergétiques du projet du thérapeute Elle vient aussi poser une exigence de travail chez l'analyste: «par mon travail psychique je devais vaincre chez le malade une force psychique qui s'opposait à la prise de conscience» (Freud, Études sur l'hystérie, p 216). On peut en déduire que pour être abordée efficacement, la résistance, ce contre-investissement du patient, doit