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Les auteurs affirment, dans l' introduction, que «le mécanisme et la dynamique par lesquels un mythe se construit pour mettre en forme les désirs d'un peuple ou d'un sujet, ressemblent au mécanisme et à la dynamique qui président à la construction de la représentation de la pulsion pour l'individu» (p. 7). D'après eux, Freud aurait privilégié la mythologie grecque parce qu' elle était la moins mystique, et que même les dieux s'y inclinent devant les lois de la nature. Ce ne sont pas les Grecs qui auraient imaginé arrêter la trajectoire du soleil
Le chapitre l, l'un des plus convaincants de cet ouvrage, est consacré au parallélisme entre Hésiode et Freud. La période primitive est celle de la relation mère-enfant. Gaia (la terre) s'accouplait incessament avec son fils Ouranos (le ciel) né parthénogétiquement. Éros apparait dès la naissance du cosmos hésiodique. Eventuellement, Zeus, Héra et les dieux olympiens représentent le seul patriarcat oedipien et complet de toutes les religions. Zeus jette les Titans et les Géants, monstres primaires pulsionnels, dans le Tartare, mais, comme Typhon, ils font parfois irruption.
Le chapitre 2 fait un rapprochement entre le mythe de Narcisse et celui de Dionysos Zagreus, qui est tué par les Titans, les Corybantes et les Kourètes pendant qu'il se regardait dans un miroir, «sa suffisance narcissique le condamne à la mort.» Les auteurs notent que bien que le narcissisme représente un stade de développement antérieur au complexe d'Oedipe, il n'acquiert son importance dans l'oeuvre de Freud que tardivement, à partir de 1914. Ils constatent également que les mythes de Dionysos Zagreus n'apparaissent dans les écrits grecs qu'à partir du IIIe siècle avant J.-C. et que Narcisse est inconnu d'Hésiode Le parallèle est évidemment là, mais il me parait difficile d'en tirer une quelconque conclusion, soit sur le plan psychanalytique, soit sur le plan de l'histoire de la civilisation.
Le chapitre 3 est consacré à l'hypothèse d'une continuité entre