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Pendant plus de quinze ans s'est tenu rue Rockland à Outremont un séminaire bien particulier. chaque semaine, Jean-Louis Langlois recevait dans sa bibliothèque ceux et celles, une quinzaine de personnes, qu'il avait invités à venir discuter «à partir de la métapsychologie de Freud » On y trouvait sa place sans cérémonie candidats, membres, jeunes, moins jeunes, chacun parvenait à prendre la parole à sa façon
La pensée de Freud était abordée par Jean-Louis avec la rigueur qu'on lui connaît et la passion conceptuelle qu'il savait vite nous transmettre Il faut dire que cela n'allait pas de soi, à cette époque, de parler ainsi d'emblée de théorie dans un milieu qui avait pris l'habitude de s'en méfier et qui consentait plus volontiers à une approche «clinique» de la psychanalyse.
Cette dichotomie de la pratique était dénoncée et ne résistait pas longtemps à ce regard, nouveau pour plusieurs d'entre nous, qui ne perdait jamais de vue le fondement dialectique de la pensée freudienne. Avec JeanLouis, on ne pouvait prétendre faire de la psychanalyse sans la réflexion métapsychologique qui lui est inhérente. Dans ce séminaire, tout de la psychanalyse pouvait un Jour ou l'autre se retrouver, sans le découpage artificiel qui, trop souvent, a tôt fait de domestiquer une découverte troublante; les influences aussi étaient multiples, notre hôte étant un familier tant de la pensée française que la pensée anglosaxonne, américaine et britannique.
Souvent, à la rentrée de septembre, Jean-Louis nous avait préparé un texte d'introduction aux thèmes qui allaient être abordés