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Quelles sont les possibilités, pour un jeune enfant, d'élaboration psychique d'une situation forcée dans laquelle son père psychotique l'aurait maintenu? Enriquez croit que de telles injonctions identificatoires prennent d'autres voies que le refoulement, à savoir: le déni, la forclusion, la projection, tous générateurs d'un «trou dans la mémoire». Si aucun facteur de réalité historique ne suffit à lui seul à rendre compte d'une psychopathologie, la rencontre avec la psychose parentale impose à l'enfant une violence et une souffrance exigeant un effort d'interprétation qu'il n'est pas toujours aisé de soutenir.
M. Enriquez cite Ferenczi au sujet «des adultes qui font entrer de force leur volonté et plus particulièrement des contenus psychiques déplaisants dans la personne enfantine». On en arrive ainsi à parler de la «confusion épouvantable» qui peut en résulter pour l'enfant. Parmi différents points sur lesquels peuvent se «cristalliser» ces confusions, je voudrais en souligner un qui touche aux interprétations causales de la souffrance, quand il s'agirait de distinguer entre souffrance psychotique et souffrance dépressive. L'enfant de parent psychotique ne peut rapporter la souffrance psychique à une perte, une dépression ou un deuil. Particulièrement dans le cas d'un délire de persécution, où c'est la dimension projective de la haine, du désir de meurtre, de la mégalomanie, qui ne peut être appréhendée par l'enfant, sur qui elle exerce un effet déréalisant. Situation appelant des identifications mortifères, à la victime et à l'agresseur. Par ailleurs la souffrance dépressive du parent