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Le caractère hybride de cette étude pourrait tracasser les littéraires de par la ponction dans la biographie où l'œuvre apparaîtra dépossédée de son autonomie pour donner sens à la vie, et tout autant les psychanalystes qui regretteront l'ampleur des développements littéraires. Cette cicatrice du texte renvoie au constat qui le soutient et qui invite à se demander pourquoi Maupassant dut mettre presqu'une vie pour devenir bon romancier, éclosion tardive de surcroît et sans évidence immédiate. C'est un des paradoxes de l'écrivain. Il mit plus de dix ans à trouver sa voie entre l'âge de vingt et trente ans où il se fit d'abord poéte et homme de théâtre, avant de percer comme conteur inégalé, vivre de sa plume comme journaliste et finalement parvenir à produire six grands romans dans les toutes dernières années de sa production. Romans généralement ignorés aujourd'hui pour cet auteur mieux connu pour ses contes et nouvelles.
La thèse ici soutenue tient pour symptôme que Maupassant soit devenu romancier. Nous chercherons à démontrer que c'est de la résolution d'une double tâche psychologique que dépendit cette évolution. La première tâche, résolue, lui permit de devenir tardivement romancier; la seconde tâche, non résolue, l'obligea à le devenir. Cette double tâche est celle d'un double deuil; l'un qu'il hérita de sa mère, l'autre qui lui fut propre. Il put résoudre le premier qui reposait sur une identification inconsciente au frére de sa mére; il ne put résoudre le second qu'en retournant en son contraire, dans la vie et dans ses chroniques d'actualité journalistique, le sentiment d'affection pour la femme, dont le destin premier dut être maintenu et élaboré dans la nostalgie de ses romans. Maupassant put renoncer au désir du désir de sa mère, mais il ne put renoncer au désir de sa mère, sinon qu'á le