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Tout dans ce livre, y compris le commentaire le plus neutre dont j'ai été capable ces dernières années, reste en quelque sorte à l'intérieur du cercle magique de mon analyse d'enfant
Professeur de littérature à la State University of New York à Buffalo, Peter Heller reçoit, en 1974, de sa première analyste, Anna Freud, les notes de cette dernière et le matériel analytique concernant sa psychanalyse d'enfant qui s'était déroulée de 1929 à 1932, alors qu'il avait entre neuf et douze ans. Dans la perspective de montrer une continuité entre micro et macrostructures, il conçoit alors le projet d'écrire un ouvrage en trois cercles concentriques partant de l'analyse d'un cas particulier, «celui d'un enfant unique névrosé, grandissant dans un milieu privilégié de la Vienne de la fin des années 20 et du début des années 30», poursuivant par la description d'une petite communauté, l'école Burlingham-Rosenfeld qu'il fréquentait alors, pour terminer avec le Malaise dans la civilisation (1930), essai sur l'état problématique des civilisations occidentales, écrit par Freud à cette même époque.
En vue d'obtenir l'assentiment de son analyste pour utiliser, à cette fin, le matériel qu'elle lui avait envoyé, il l'informera de son plan d'ensemble. Anna Freud émit d'abord des réserves, mais quand elle reçut le manuscrit dans sa forme définitive, elle donna son accord pour qu'il soit publié Et effectivement, bien qu'il s'avère autre que le projet initial, c'est un document remarquable que ce matériel analytique de Peter Heller, ce qu'il écrivait jeune garçon, et, quelque soixante ans plus tard, les remarques qu'il nous communique au sujet de sa cure. Même si, suggère l'auteur, certains lecteurs ont déploré l'absence d'une conclusion positive, sorte de vision globale à défaut de la sagesse d'un homme guéri, ce livre montre le succès de cette analyse d'enfant. Son analyste lui a permis d'apprendre, lui a permis de douter, et il est devenu ainsi l'héritier de sa pensée. C'est d'