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Le travail de Louise Kaplan (Female Perversions, 19911) soulève à nouveau la question de la perversion chez la femme. « Women are just as perverse as men » (p. 8), soutient l'auteur. Les explications avancées pour rendre compte de la disparité clinique dans le tableau manifeste des perversions font état d'une situation de rapport inadéquat (Richards 1989) ou de système pervers caché chez la femme par analogie avec la conformation anatomique des organes génitaux de la femme à partir de certaines idées empruntées à Greenacre (1960) quand elles ne procèdent pas le recours aux facteurs hormonaux ou à des stéréotypes sociaux (Kaplan p. 9). Certains énoncés de Kaplan, qui soutiennent que les perversions sont des « pathologies of gender stereotyping » (p. 196), tirent la définition de la perversion du côté d'une « inégalité sociale » selon laquelle des « infantile gender ideals » (p. 16) se traduisent en caricature dans la perversion. L'auteur avance que la définition actuelle de la perversion repose sur une « psychologie de mâles » (p. 196); elle suggère que l'examen des idéaux sociaux de la féminité dévoilera les aspects de la perversion féminine.
Sans entrer dans une critique élaborée des positions établies par Kaplan qui nous permette de faire justice au développement de sa pensée, nous tirerons parti d'une certaine confusion liée à ce type de formulation pour réexaminer certains aspects de la question soulevée par cet auteur. Cette façon de poser le problème sous-entend le principe d'une identité de position chez l'homme et chez la femme par rapport à la perversion. Or c'est précisément cette question fondamentale qu'il s'agit d'expliciter; nous le ferons de façon générale d'abord en détaillant certaines dérives et par l'exemple plus spécifique du fétichisme ensuite.