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La parution en format de poche de ces cinq volumes des Problématiques de Laplanche nous incite à resituer ces ouvrages qui ont I'avantage, entre autres, de nous faire suivre pas à pas une interrogation impitoyable de l'œuvre de Freud. « Impitoyable », c'est-a-dire sans complaisance et sans céder à la rhétorique de Freud, mais en manifestant néanmoins un grand respect de son œuvre par une connaissance très profonde de ses moindres détails. C'est cette connaissance intime de I'œuvre qui permet à Laplanche, selon une expression qu'il affectionne,d' « y faire passer le couteau ». Non un couteau meurtrier toutefois, mais le scalpel du chirurgien qui a I'œile assez fin pour discerner nettement les clivages entre les diverses parties de I'œuvre, y reconnaître des concrétions nécessitant analyse, y exposer des complexités ou des contradictions afin de voir éventuellement apparaître de nouvelles configurations. Car si Laplanche n'hésite pas à enfoncer le couteau dans l'œuvre de Freud, il n'en découpe jamais rien, n'en jette aucun élément. S'il ne voue pas à Freud un respect empreint de vénération, Laplanche reconnaît que Freud s'est inlassablement laissé guider par l'exigence de son object, l'inconscient. Même dans ce qu'il appellera plus tard les « fourvoiements » freudiens1, Laplanche découvre les détours d'un explorateur à qui, bien qu'il ne perde jamais de vue son objectif, il arrive d'emprunter une voie sans issue dont il devra rebrousser chemin.
Les Problématiques constituent une telle exploration des nombreuses facettes de l'œuvre de Freud. Pour en comprendre la technique, il faut savoir que ce sont des comptes rendus, revus par l'auteur, de plusieurs années d'enseignement à l'Université de Paris VII. Ces enseignements sont organisés suivant des thèmes dont Laplanche n'a jamais cherché à justifier le choix ni l'ordre, se laissant toujours guider par l'exigence du moment. On peut donc en toute liberté chercher à déterminer les raisons qui ont poussé Laplanche à explorer