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À I'invitation de la rédactrice en chef, je prends la relève de Louise Demers en tant que rédacteur des compte-rendus des livres francophones.Je veux en profiter pour exposer brièvement certaines des idées qui m'animent à mes premiers pas dans cette fonction.
Au lendemain des événements du 11 septembre 2001, il n'est pas facile de dépasser la sidération et la terreur dramatiquement suscitées en nous. La crise déclenchée questionne les fondements de nos cultures et ravive nos conflits les plus primitifs. La tragédie new-yorkaise nous force à un lourd constat: quelque part nous avons failli dans la fonction civilisatrice des mots et du dialogue. La valeur symbolique de la parole n'a pas su empêcher ou contenir ces mouvements de haine et de destruction auxquels, chaque fois qu'ils nous heurtent de plein fouet, dans les camps nazis ou au Rwanda, en Palestine ou en ex-Yougoslavie, nous espérons greffer le sens qui en préviendra la répétition. Quelque part, nous n'avons su entendre et parler à temps.
Je ne veux pas exagérer I'importance des compte-rendus de lecture qu'un journal de psychanalyse publie. Invitations à lire et à débattre d'idées, ils participent néammoins à ce travail civilisateur où nos différences peuvent devenir sources de découvertes et de plaisirs. Notre travail clinique repose tout entier sur la valeur des mots et il se prolonge naturellement dans la lecture et I'écriture. Écrire sur et à partir d'une lecture de quelque manière «psychanalytique», voilà au plus simple ce à quoi nous invite cette section de la revue.
Je souligne la fonction de dialogue pour déjouer les pièges de la publication, du rendre public, et retrouver le geste spontané, avec la simplicité de ce geste. L'invitation est lancée à toutes et tous, car toutes et tous nous lisons: mettre par écrit quelques idées au sortir d'un livre pour en saisir le sens et faire circuler ces idées, de la manière la plus simple et la plus personnelle qui convienne à chacun (e). D'autant que les recensions