You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'ouvrage est un témoignage, avec les avatars liés au genre Au cours desannées soixante, un enfant de huit ans, difficile et malade, que sa famillene peut plus supporter, est envoye en pension dans une école spéciale de Chicago, fondée par le psychanalyste Bruno Bettelheim II y restera longtemps, très longtemps même II raconte ces treize années jusqu'à la sortie qui le mènera à l'université. La métamorphose est remarquable Les tribulations sont nombreuses Voulant « donner à l'École orthogénique la place qui lui revient dans [son] histoire », Stephen Eliot tente « la vérité » Écrit au présent à la façon d'un scénario de film, le récit se veut une peinture réaliste du cheminement dans le monde clos de l'École, parmi les autres enfants, les éducateurs et les thérapeutes, marqué par la figure imposante de Bettelheim, celui que l'on connaît surtout par « La forteresse vide » (1969) et par « Psychanalyse des contes de fées » (1976)
Le titre renvoie à Kafka la référence est inévitable Dans les deux cas, I'enfermement en soi s'ajoute à la carapace qui se construit sous le regard des autres, mais dans le Steve d'Eliot, la métamorphose va dans le sens inverse Le lecteur pourrait souhaiter plus d'intériorité dans les descriptions Mais, puisqu'il est dit au début que l'enfant Steve était coupé de ses sentiments, le conteur adulte n'aura donc pas accès à tous ses mouvements d'âme et le lecteur devra rester sur sa faim.
Qu'est ce qui pousse un enfant à se retrouver dans une situation extrêmerejeté par les siens, séparé d'eux -, à devoir quitter «°le monde réel » ? [.]« Je me crois en danger de mort, je ne peux compter que sur moi, mais je n'en sais pas assez pour bien comprendre le monde » Inutile de se perdre dans des catégories psychiatriques pour lui, comme pour les autres enfants perturbés de l'École (dont il dira parfois qu'ils sont autistes, mais surtout malheureux), la vie n'est pas assurée La survie psychique, quant à elle, est terriblement menacée