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Depuis la naissance de la psychanalyse, l'agressivité est sans conteste un objet d'étude omniprésent. On s'est demandé, sur le plan tant théorique que clinique, s'il valait mieux la considérer comme un phénomène inné, réactif, ou appris; on a également voulu cerner le moyen le plus efficace de la traiter: la confrontation, l'écoute empathique, l'interprétation? Il y a quelques années, j'ai participé à un symposium, qui a par la suite été l'objet d'un numéro de Psychoanalytic Inquiry (1982), oùù on abordait toutes ces questions dans une perspective essentiellement pluraliste qui révélait, je crois, la fine pointe de la recherche sur le sujet à ce moment-là. Nous n'en étions pas arrivés à un consensus sur la nature de l'agressivité, mais nous étions parvenus à mieux comprendre et à mieux discerner les composantes complexes qui la sous-tendent. Plus récemment, l'ouvrage Transforming Aggression: Psychotherapy with the Difficult-to-Treat Patients (2001) de Frank Lachmann, nous a permis d'approfondir encore davantage notre compréhension de l'agressivité.
Dans le présent article, j'évoque l'analyse d'un patient dont l'agressivité prenait une forme éruptive, selon la description proposée par Lachmann, c'est-à-dire une forme d'agressivité qui semble relever du biologique, être déclenchée par une réaction biologique, par opposition à d'autres formes d'agressivité qui sont davantage conçues et comprises comme étant réactives. Lachmann avance que l'agressivité apparemment spontanée de certaines personnes prend sa source non pas dans un développement prévisible moyen, mais dans des situations traumatiques bien précises de la petite enfance. Ces personnes traversent un processus expérientiel qui fait en sorte que l'agressivité réactive se mue en agressivité éruptive. L'auteur répertorie cinq facteurs qui prédisposent à l'agressivité éruptive: