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The concept of mental pain (MP) deserves to be revisited: it plays a central role in the psychoanalytic process. Nevertheless, MP has not been the focus of continued research. The key contributions of Freud, Klein, and Bion are recalled. A clear distinction between the concepts of MP and psychic suffering (PS) is herein proposed. In contrast with PS, MP cannot be named or elaborated, and it is not transformed by dream-work. To understand MP it is pertinent to ask under which intrapsychic and interpersonal conditions did the non-tolerance for painful emotions originate, and how non-tolerance is responsible for the collapse of the chain of transformations that generates thought. The old art of photography is used here as a metaphor to illuminate my personal contribution on the nature of MP. This new model that distinguishes MP and PS has its roots mostly in Bion's theoretical framework, and offers suggestions to the analyst on how to face the MP of the patient during psychoanalytic therapy, emphasizing some negative capacities of the analyst and his or her ability to tolerate the MP induced by counter-transference.
Le concept de douleur psychique, qui joue un rôle central dans le processus psychanalytique, mérite d'être revu; jusqu'ici, il n'a pas fait l'objet de recherches régulières. On rappelle d'abord les contributions clés de Freud, Klein, et Bion. Puis on propose une distinction claire entre la douleur psychique et la souffrance psychique. À l'inverse de la souffrance psychique, la douleur psychique ne peut être ni nommée, ni élaborée, ni transformée par le travail du rêve. Pour comprendre la douleur psychique, il est pertinent de se demander dans quelle conjoncture intrapsychique et interpersonnelle est advenue l'intolérance aux émotions douloureuses, et en quoi cette intolérance est responsable de l'effondrement de la chaîne de
transformations qui génère la pensée. l'art centenaire de la photographie est utilisé ici comme métaphore pour mettre en lumière la contribution personnelle de l'auteur relativement à la nature de la douleur psychique. Le nouveau modèle permettant de distinguer la douleur psychique de la souffrance psychique est essentiellement fondé sur le cadre théorique de Bion, et propose à l'analyste des moyens de composer avec la douleur psychique pendant la thérapie analytique, en mettant l'accent sur certaines capacités négatives de l'analyste et sur son aptitude à tolérer la douleur psychique induite par le contre-transfert.