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Nul ne s'engage dans l'étrange aventure d'une psychanalyse sans ressentir, tapageusement ou imperceptiblement, le risque d'un certain effondrement.1 Folie, dépression, castration fragilisent chaque demeure différemment. De constructions ingénieuses en bricolages plus incertains, le moi tire des blessures subies, délicieuses et dou-loureuses, les matériaux avec lesquels il bâtit son destin. Le moi balise le lieu de la blessure, il en fait sa manière d'être au monde. À cet égard, la blessure ne se limite pas à un point de contact dans un champ délimité, elle marque aussi l'ouverture par laquelle l'autre s'est introduit en moi. Ce qui blesse ne peut plus dès lors n'être campé que dans une origine externe. Le moi est le lieu où se panse la présence de l'autre en soi-même.
Sur le métier du psychanalyste, cette question fondatrice est remise sans cesse à l'œuvre, avec ses enjeux de lieux, d'inscriptions et de traductions. Freud a balisé de nouveaux territoires et nous a laissé par ses écrits une cartographie qu'il n'a cessé de vouloir améliorer. Penché sur toute la production freudienne (imaginez ce qu'il en serait si le courrier électronique avait été disponible au temps de Freud…), Mahony scrute ces cartes et leur composition depuis plus de 25 ans. Elles ont stimulé chez lui des études interdisciplinaires originales, où les outils de la psychanalyse servent à l'exploration de ces tracés et à leur retour sur la table de travail. Mahony en a notamment tiré une riche réflexion sur les fonctions de l'écriture, son tissage et son mouvement. Les deux textes que nous lui devons dans le présent numéro illustrent l'importance qu'il accorde aux mots et à leur utilisation, autant dans la séance que dans le processus d'écriture. Ils mettent aussi à l'avant-plan le rôle déterminant du