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Après plusieurs lectures du texte de Patrick Mahony, The multiple roles of identification in t raumatically induced compromise formations: A case history, je me trouvais en parfait accord avec les éditeurs du Journal of Clinical Psychoanalysis, quand ils se disent très heureux du travail difficile accompli par l'auteur.
Cette revue a voulu entreprendre un travail colossal en allant à contre-courant dans le champ des publications en psychanalyse. Nous avons été habitués pendant longtemps, et en particulier en France, à voir les psychanalystes méfiants à l'endroit des publications cliniques. Certaines des raisons de cette méfance sont toujours valables, d'autres moins. En principe, il reste vrai qu'un exposé clinique, en particulier une histoire détaillée de cas, ne prouve pas nécessairement ce qu'on veut qu'il prouve; le « matériel » peut toujours être « arrangé » pour les besoins de la cause. Et Freud lui-même, tout en étant le premier à s'y être risqué - et nous savons qu'il l'a « payé cher » - n'a-t-il pas dit que pour vraiment exposer le déroulement d'une seule analyse il faudrait plusieurs volumes? N'importe, la nécessité de le faire, sans prolonger l'exposé outre mesure, demeure une urgence, quels qu'en soient les risques. Après tout, nos constructions théoriques découlent en bonne partie de notre travail clinique. Il n'est pas de bonne guerre que l'auteur d'un texte théorique soit le seul à en connaître la source clinique. L'exposé de cas parfait sera toujours une utopie, ce n'est pas une raison pour ne pas en faire. Plus il y aura d'exposés cliniques cherchant, tant bien que mal, à fournir les bases de positions théoriques, plus notre science évoluera sur des fondements solides.
Patrick Mahony est l'un des braves pionniers en la matière, et mérite notre gratitude.
L'article, que les éditeurs ont rebaptisé The Bear Man - le patient s'était