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The intellectual relationships between Argentina and Germany, and between Argentina and France, are examined through the case of the arrival of Sigmund Freud's theories in Argentina during the first half of the twentieth century. Analysis of the struggle for the ascendancy and emergence of psychoanalytical discourse demonstrates that the pre-existing discourses in the disciplines of the mind (neurology, psychiatry, and psychology) provided the conditions of possibility for resistance to, and eventual acceptance of, Freud's theories during this period. The author poses the question, What characterized the Argentinean reception of Freud's theories?' and concludes that their arrival via France was imprinted with the long shadow of Pierre Janet. Later, during the 1930s and 1940s, a new discursive formation, resulting from the interlocking of psychoanalytical discourse and anti-fascist sentiment in Argentina, created a non-institutional niche where Freud's theories were allowed to prosper.
To more fully illustrate the emergence of psychological discourses within the context of Argentina's existing conditions, a brief comparison with the United States is drawn. What emerges are heterogeneous and asynchronous histories confirming that pre-existing scientific discourses mediate, and create distinct conditions of possibility for, the emergence of psychoanalytical discourse. It is argued that cultural and intellectual fields mediate the foreign trade of theories.
Les relations intellectuelles entre l'Argentine et l'Allemagne d'une part, et entre l'Argentine et la France d'autre part, sont examinées dans le cadre particulier de l'arrivée en Argentine, dans la première moitié du XXe siècle, des théories de Sigmund Freud. Une analyse de la lutte pour l'influence et l'émergence du discourspyschoanalytique montre clairement que les discours préexistants des disciplines de l'esprit (neurologie, psychiatrie et psychologie) ont fournit à cette même période les conditions tant de la possibilité d'une histoire complexe de résistance aux théories de Freud que de leur acceptation éventuelle. L'auteure pose la question suivante: « Qu'est-ce qui a caractérisé en Argentine la réception des théories de Freud? ». Elle conclut que l'arrivée au début du XXesiècle de ces théories via la France a été marqué par l'empreinte de Pierre Janet. Peu après (dans les années 1930 et 1940), une nouvelle formation discursive née de l'union entre le discours psychoanalytique et le sentiment anti-fasciste en Argentine a créé une niche non institutionnelle favorisant la prospérité des théories freudiennes.
Afin d'illustrer encore davantage la spécificité de l'émergence des discours psychologiques dans les conditions inhérentes au contexte argentin, l'auteure recourt à une brève comparaison avec les Etats-unis d'Amérique. Cette comparaison soulève des questions plus larges sur la nature des racines sociales et culturelles qui sous-tendent les interprétations des théories en tant qu'elles font l'objet d'une migration au-delà des champs nationaux de la recherche scientifique. La mise en avant de la notion de filtre culturel sert de Métaphore pour comprendre les mutations transatlantiques des théories psychoanalytiques qui se sont développées par rapport à des contextes particuliers et à l'historicité de leurs propres catégories d'interprétation, lesquelles catégories subissent aussi des transformations. Ce qui ressort de cette étude se sont les histoires hétérogènes et asynchrones confirmant que les discours scientifiques préexistants influencent, tout en créant les conditions distinctes de sa possibilité, l'émergence du discours psychoanalytique. Il est démontré que les champs culturels et intellectuels interviennent dans le commerce extérieur des théories.