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Le fil conducteur de ces réflexions m'est venu de deux lectures récentes, en commençant par le livre de Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, puis par celle du dernier numéro de la Revue canadienne de psychanalyse qui porte sur la recherche en psychanalyse. Finalement, certaines questions se sont imposées: que veut-on faire advenir de la psychanalyse dans la prochaine décennie, autant comme méthode, comme pratique et comme théorie? Il m'a semblé que l'urgence de réfléchir sur les questions soulevées par le numéro de la rcp sur la recherche devait faire passer au second plan celui de réfléchir aux questions de complémentarité et de différences que posaient les écrits de Kahn et de Moscovici.
Entre nous psychanalystes, différentes « psychanalystes » se dessinent. Tant la théorie, la pratique que la recherche semblent créer des fossés qui divisent de façon de plus en plus tranchée différentes visions de notre discipline. A la lecture de Kernberg parlant de la recherche en psychanalyse, on voit comment les divisions peuvent être profondes. Je le cite, tiré du numéro de la rcp, alors qu'il termine son exposé en déclarant, à l'instar de Steven Appelbaum: « If out of a hundred candidates, ten raise questions, and one works on an answer, we are saved » (p. 192). Comme si le salut ne passait que par le chercheur, l'unique chercheur, en recherche empirique. Ce qu'il semble dire, en fait, c'est que les seules vraies réponses ne peuvent provenir que de la recherche empirique et qu'il n'y a que très peu de chercheurs empiriques. Ne pourrait-on pas imaginer que des dix candidats qui se questionnent, neuf d'entre eux cherchent aussi les réponses, mais d'une façon différente de leur collègue empiriste?