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Nous pouvons affirmer que les pulsions sont le schibboleth de la psychanalyse. Les héritiers de Freud peuvent se reconnaître à leur attachement indéfectible au concept de pulsion et à la place qu'ils lui attribuent aux origines de la vie psychique. Cette dernière ne se comprend que comme effet des conflits qui se jouent en elle et déterminent ses destins. Les psychanalystes qui ont parlé de la pulsion ont rarement fourni une étude d'ensemble qui ferait le tour de l'œuvre freudienne. C'est le mérite de Dominique Scarfone de s'être attaqué à cette tâche avec rigueur et méthode. Son livre m'apparaît comme un écrit où se met en place un processus de thérapie conceptuelle: l'auteur met au travail, au sens laplanchien de l'expression, la notion de pulsion. Il nous fournit une analyse détaillée et riche, fruit d'une réflexion approfondie qui ne craint pas d'interroger les contradictions et les ambiguïtés que l'inventeur de la psychanalyse a laissées sur le chemin des élaborations successives de ce concept. Ce processus s'inscrit dans un travail d'analyse, de définition et de commentaire dont la tâche première est l'examen des notions que nous utilisons dans la langue psychanalytique que nous parlons et dans la pratique théorique qui est la nôtre. Reprise sans cesse, elle assure la rigueur et la précision de nos concepts. Les notions que nous utilisons ont besoin d'être repensées et approfondies non seulement en fonction de notre travail clinique et de notre pratique théorique, mais aussi en fonction des usages divers que les auteurs psychanalystes en ont pu faire. La pensée approximative, l'imprécision dans l'usage destermes